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Oct 19

Projet « Histoires de Femmes » (2020)

« La Pernette se lève »

« La Pernette se lève, tra la la la la la, tres ores davant jor
Elle prend sa colognete, avoi son petit tor.
A chacun tor qu’el vire, fait un sospir d’amor. »
C’est une complainte très ancienne répandue dans toute le territoire français, plus particulièrement dans le Sud et le Nord-Ouest de la France. Elle raconte l’histoire d’une jeune fille pleurant son promis qui est en prison et condamné à mort. Elle refuse tout autre mariage et demande à être tuée et enterrée en même temps que son compagnon. Cette histoire est très similaire à celle d’une autre complainte française bien connue : « Ne pleure pas Jeannette ».

« Je le lesray puisqu’il me bat » – Manuscrit de Bayeux – XVème siècle

« Je le lesray, puis qu’il my bat,
Hé Dieux, hellas!
Et l’ord vilain mal engroigné
Qui sur moy si a controuvé
Que j’estoys allé à l’esbat,
Que j’estoys allé à l’esbat,
 Hé Dieux, hellas!

Depuis deulx ou trois moys en ça
Hé Dieux, hellas
Mon mari est allé au guet.
Il n’a pas fermé le guichet
Par où mon amy vient et va:
 Hé Dieux, hellas »

Le Manuscrit de Bayeux est un recueil de cent trois chansons réunies au début du XVIe siècle pour Charles III de Bourbon et composées à la fin du XVe siècle, c’est-à-dire quelques dizaines d’années après la fin de la guerre de Cent Ans.

« Je le lairray puisqu’il m’y bat » – Antoine de Févin (1470-1512) – Manuscrit de Uppsala

« Je le lairray puisqu’il my bat,
hé Dieu, helas.
Et l’ord/Le fault villain mal engroingné
qui sur moy si a controuvé
que j’estoys allé a l’esbat.
Je le lairray puisqu’il my bat,
hé Dieu, helas.

Depuis deulx ou trois moys en ça,
hé Dieu, helas,
mon mari est allé au guet,
il n’a pas fermé le guichet
par ou mon amy vient et va.
Je le lairray puisqu’il my bat,
hé Dieu, helas. »

Antoine de Févin est un compositeur franco-flamand, à l’époque de Josquin des Prés, avec lequel il partage bien des traits.Toutes les pièces de Févin qui subsistent sont des œuvres vocales. Il composa des messes, motets et chansons.

« D’un autre amer » Josqu’in des Prés (1450-1521)

« D’un aultre amer mon cueur s’abesseroit;
Il ne fault ja penser que je l’estrange
Ne que pour rien de ce propos me change,
Car mon honneur en appetisseroit.

Je l’aime tant que jamais ne seroit
Possible a moi de consentir l’eschange.
D’un aultre…

La mort, par Dieu, avant me desferoit
Qu’en mon vivant j’acoinctasse un estrange.
Ne cuide nul qu’a cela je me range;
Ma leauté trop fort se mesferoit.
D’un aultre… »

Déjà mal mariée (Chanson à danser de Bretagne)

Mais pourquoi cette femme a t-elle épousé un tailleur de pierre ?
Elle aurait pu épouser une vigneron, comme on l’entend dans d’autres chanson de métiers. Pour quelle raison cette pauvre fille doit-t-elle casser des cailloux ?
Beaucoup d’autres chansons racontent la même histoire mais en faisant référence à un vigneron , un planteur, bêcheur ou tailleur de vignes.
Cette chanson a été surtout collectée dans l’ouest de la France ou dans des vignobles plus éloignés, jusqu’en Champagne ou en Lorraine.
Mais son origine Bretonne justifie le changement de décor, là où les carrières sont plus nombreuses que les vignes.

« Marion la doulce »- Jacob Obrecht (1457-1505)

Jacob Obrecht est un compositeur de l’école franco-flamande de la Renaissance. Il était le plus renommé des compositeurs de messes en Europe à la fin du XVe siècle, seulement dépassé par Josquin Des Prés après sa mort, et il composa en outre de nombreux motets et chansons.

Entre vous filles extrait du 11ème livre de chanson (1549) de Jacob CLEMENS non Papa (1510-1556)

Clemens compte parmi les meilleurs représentants du style franco-flamand. Il serait l’un des plus grands compositeurs de la génération entre Josquin et Lassus. Sur ce dernier, il a par ailleurs exercé une influence considérable. Sa production musicale comprend des pièces sacrées soit composées à des fins liturgiques, soit à usage privé. Compte tenu du fait que sa carrière de compositeur a duré à peine deux décennies, Clemens s’est avéré un compositeur particulièrement fécond.

Il a écrit, entre autres :

– 15 messes (quatorze messes-parodies et un requiem). Lla plupart d’entre elles ont été publiées par Pierre Phalèse l’Ancien à Louvain entre 1555 et 1570;

-15 magnificats;

– 233 motets;

– plus de 100 pièces profanes, dont 90 chansons françaises

– 159 psaumes et cantiques néerlandais, les Souterliedekens, qui emploient comme cantus firmus des mélodies populaires.

Entre vous filles de quinze ans,
Ne venez plus à la fontaine,
Car trop avez les yeux friants,
Tétin poignant,
Bouche riant,
Connin mouflant,
Le cœur plus gai qu’une mistaine,
Entre vous filles de quinze ans,
Ne venez plus à la fontaine.

Sanctus, Benedictus et Agnus extraits de la Missa « Entre vous filles » de Roland de LASSUS (1532-1594)

Roland de Lassus est l’un des compositeurs les plus prolifiques de la Renaissance. Il a écrit plus de 2 000 œuvres dans tous les genres en latin, français, italien et allemand, dont 530 motets, 175 madrigaux italiens, 150 chansons françaises et 90 lieder allemands.

On a conservé environ 60 messes complètes. La plupart d’entre elles sont des messes parodies. La messe parodie est une forme musicale très utilisée à la Renaissance. C’est une messe polyphonique, composée à la base d’une œuvre religieuse ou profane déjà existante. Il n’y a aucune idée de caricature dans la notion de messe-parodie : il s’agit seulement d’un développement d’une œuvre polyphonique préexistante, déjà connue des fidèles.

Certaines de ses messes sont conçues à partir de chansons françaises, dont le caractère est parfois grivois voire même obscènes. Entre vous filles de quinze ans, de « Clemens non Papa », lui a donné la matière pour sa « Missa » Entre vous filles (1581), sans doute son choix le plus étonnant. Cette pratique était non seulement acceptée, mais encouragée par l’Église.

Le Concile de Trente et le profane

Suite à la Réforme protestante, le pape Paul III convoque un concile, qui  se réunit de façon intermittente jusqu’en 1563. Pour l’aspect musical, le but est d’homogénéiser le répertoire grégorien dans toute l’Europe, et de limiter drastiquement la contamination du sacré par le profane. Malgré la  condamnation officielle de pratiques bien ancrées dans les habitudes, il sera en réalité difficile voire impossible pour le clergé  de contrecarrer un mouvement artistique en plein essor.

La technique de la messe parodie connait encore un large succès après la fin du Concile. Sur l’immense production de messe de Palestrina, 53 utilisent la parodie. Si certains maestri di cappella restreignent l’utilisation de chansons trop explicites dans quelques centres urbains (Rome, Milan notamment), l’utilisation de chansons très connues ne semble pas gêner ni les compositeurs, ni les autorités ecclésiastiques locales, en particulier au nord.

With drooping wings Choeur final de Didon et Enee de Henry PURCELL (1659-1695)

« L’ aile basse, Cupidons, venez, et répandez des roses sur sa tombe,
Tendres et délicates comme son cœur, veillez ici et ne partez jamais. »

Bien qu’il ait incorporé des éléments stylistiques italiens et français dans ses compositions, Purcell a développé une forme proprement anglaise  de musique baroque. Musicien complet, il éclipse par la qualité et la variété de son œuvre tout ce que ses contemporains ont pu écrire dans les genres qu’il a abordés : opéra, musique de scène, cantates profanes et religieuses, musique pour clavier ou musique de chambre.

Didon et Enée (Dido and Aeneas) est un opéra en trois actes. Le livret est de Nahum Tate,  dramaturge et poète irlandais, d’après le Livre IV de l’Enéide de Virgile. C’est à la fois le premier opéra en langue anglaise et le chef d’œuvre de Henry Purcell.

L’action se passe à Carthage, dans le palais de la reine, Didon, qui avoue à sa suivante Bélinda son trouble pour le prince troyen Enée. Dans une grotte, la magicienne et ses sorcières œuvrent à la destruction de l’insupportable bonheur du couple royal. Elles dépêchent un esprit qui, sous les traits de Mercure, enjoint le prince de partir au plus vite conquérir l’Italie. Enée se soumet contre son gré à l’ordre de Jupiter et décide de partir le soir même. Les marins, compagnons d’Enée, se préparent à quitter Carthage. Les sorcières se réjouissent de la réussite de leur plan et projettent de faire sombrer le navire d’Enée. Le prince annonce à la reine son départ. Elle refuse d’entendre ses explications et , de désespoir, se donne la mort.

Lascia chio pianga extrait de Rinaldo de Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759)

« Laisse-moi pleurer sur mon cruel sort,
et soupirer à la liberté
Que la douleur brise ces chaînes,
de mes martyres juste par pitié. »

La mélodie est chantée sous la forme d’une sarabande dans le 2ème acte de l’opéra de Haendel Almira, datant de 1705.
Haendel a ensuite utilisé cette mélodie dans la deuxième partie de son oratorio Il trionfo del Tempo e del Disinganno (« Le Triomphe du Temps et de la Désillusion »), datant de 1707 (qui devint plus tard Il trionfo del Tempo e della Verità). Le rôle de cet aria « Lascia la spina, cogli la rosa » (Laisse l’épine, cueille la rose) est la personnification du Plaisir (Piacere).
Quatre ans après, en 1711, Haendel utilisa à nouveau cet air, cette fois pour son opéra Rinaldo.

Rinaldo et Armida

L’histoire de Rinaldo et d’Armide se trouve dans le chant 16 du poème « La Jérusalem Délivrée » de Torquato Tasso, dit Le Tasse, (1544 – 1595). Cette œuvre écrite en 1580 conte dans un style épique et fantastique la première croisade (1096 – 1099) dirigée par Godefroy de Bouillon.

Armide, fille du roi de Damas, magicienne musulmane, souhaite la défaite et la mort des Croisés. Par ses enchantements Armide a déjà attiré de nombreux chevaliers séduits par sa beauté dans son île enchantée pour les changer en animaux. Le Tasse s’est là largement inspiré de la Circé d’Homère et de la magicienne Alcina de l’Arioste.

Rinaldo , fondateur mythique de la Maison d’Este de Ferrare, est le héros de cette croisade et son départ du camp chrétien, comme celui d’Achille dans l’Iliade, plonge les croisés dans l’impuissance et les malheurs.

Armide rencontre Rinaldo , mais s’éprenant de lui, l’emmène dans son île enchantée où par ses artifices elle le maintient dans une dépendance amoureuse. Pour cela, elle use d’un miroir de cristal dans lequel Rinaldo ne voit que la beauté de son amante et d’une ceinture tissée de tous les sentiments de l’Amour ce qui le tient encore plus attaché à Armide.

Profitant de l’absence de la magicienne, deux chevaliers, Ubolde et le Danois, chargés de le ramener à Jérusalem, lui présentent le bouclier de diamant dans lequel Rinaldo se voit enfin tel qu’il est devenu, efféminé et alangui, couvert de bijoux et de parfums.

Redevenu le Paladin qu’il était avant, il fuit cette île où l’amour le tenait enchaîné. Armide s’en aperçoit et usant de soupirs, de plaintes et de pleurs, tente en vain de le retenir. Après son départ elle fait disparaître son île et part sur son char magique rejoindre son palais de Syrie.

Barcarolle extraite des Contes d’Hoffmann de Jacques OFFENBACH (1819-1880)

Les Contes d’Hoffmann, un testament en forme de chef-d’œuvre. Pour son chant du cygne, Jacques Offenbach signe un ouvrage à rebours de ses opérettes satiriques et décapantes qui moquaient, tout en l’enchantant, un Second Empire en quête de plaisirs et d’oubli. Certes, Offenbach n’oublie pas d’amuser dans cet opéra fantastique, mais il colore les aventures du poète Hoffmann d’une dimension noire et fatale – à l’image des quatre figures maléfiques qui l’accompagnent et le poussent au malheur. Dans cette quête de l’absolu et de l’idéal féminin, la griserie se mêle au macabre, la veine populaire aux embrasements lyriques. Les Contes d’Hoffmann, ce sont trois époques de la vie sentimentale d’un homme, trois histoires formant un opéra inclassable, chef-d’œuvre du romantisme français, dédale de vertige et de légèreté.

A Munich, dans la taverne à vins de Luther – là où débute et finit l’opéra – le poète Hoffmann, flanqué de son confident Nicklausse, entame le récit de ses trois amours malheureux, dans lesquels le conseiller Lindorf a joué un rôle crucial, vêtu de trois costumes différents, tous plus diaboliques les uns que les autres. Dans la passion folle d’Hoffmann pour la poupée Olympia, Lindorf est devenu Coppélius, camelot brisant net le rêve impossible du poète. Face à la cantatrice Antonia, il a été le Docteur Miracle, charlatan maléfique dont les conseils ont foudroyé la jeune fille, et tué par là même l’amour éperdu d’Hoffmann pour elle. A Venise enfin, le magicien Dapertutto a manœuvré la courtisane Giulietta – objet des désirs d’Hoffmann – pour qu’elle obtienne de lui son reflet – autrement dit son âme. Mais Giulietta a fui, et la jalousie et le crime se sont mêlés à cette histoire sordide, funeste une fois de plus.

 

La nouvelle passion d’Hoffmann l’entraine à Venise, où il s’est épris de la courtisane Giulietta, sous le pouvoir du magicien Dapertutto.

En compagnie de Nicklausse, confident d’Hoffmann, Giulietta entonne une barcarolle  Belle nuit, ô nuit d’amour …

« Belle nuit, ô nuit d’amour
Souris à nos ivresses
Nuit plus douce que le jour
Ô, belle nuit d’amour!
Le temps fuit et sans retour
Emporte nos tendresses
Loin de cet heureux séjour
Le temps fuit sans retour
Zéphyrs embrasés
z-nous vos caresses
Zéphyrs embrasés
Donnez-nous vos baisers!
Vos baisers! Vos baisers! Ah! »

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Rosmarin extait de Siben Lieder de Johannes BRAHMS (1833-1897)

Johannes Brahms (1833-1897) est un compositeur, pianiste et chef d’orchestre allemand. Il comptait parmis les musiciens les plus importants de la période romantique.
Il a composé des oeuvres pour piano, musique de chambre, orchestre symphonique, et pour voix et chœurs mais n’a jamais composé d’opéra, à la différence des autres grands musiciens de son époque.
Il était à la fois traditionnel et novateur. Sa musique était composée de structures techniques de composition des maîtres baroques et classiques. Il maîtrisait notamment l’art du contrepoint dont Bach avait fait sa marque de fabrique.

« Une demoiselle voulait se lever tôt
pour aller dans le jardin de son père,
elle voulait cueillir des roses rouges
et avec ces roses se tresser
une petite couronne magnifique.
Ce devait être sa couronne de noces… »

A boy and a girl (2002) de EricWHITACRE

C’est une mise en musique sobre et calme d’un poème de Octavio Paz.

La pièce consiste en une série de progressions harmoniques qui cherchent à recréer la dynamique de l’histoire d’un garçon et d’une fille. Elle  suggére à trois reprises dans la vie de deux amants, deux moments d’initiation amoureuse, suivis d’un silence qui les mènera finalement au moment de leur mort.

« Allongé sur l’herbe,
un garçon et une fille,
savourant leurs jus d’orange,
se donnent des baisers comme des nuages échangent de la vapeur.

Allongé sur la plage,
un garçon et une fille,
savourant leurs jus d’oranges,
se donnent des baisers comme des vagues échangent de l’écume.

Allongé sous terre,
un garçon et une fille,
Ne disant rien, sans jamais s’embrasser,
se donnent silence pour silence. »

Magnificat extrait de Fabordon y glosas del Primer Tono Llano de Antonio CABEZON (1510-1566)

Le Magnificat désigne le cantique chanté par la Vierge Marie après l’Annonciation, lors de la visite qu’elle rend à sa cousine Élisabeth, plus âgée qu’elle et enceinte. Cet épisode est couramment appelé la Visitation. Également intitulé Cantique de Marie, ainsi que Cantique de la Vierge.

Il souligne le lien profond entre l’Espérance et la Foi chez le croyant. .« Magnificat » est le premier mot (l’incipit) de la traduction latine de ce chant de louange. Il fait partie des liturgies romaine (pour l’office du soir, les Vêpres) et byzantine (aux matines, c’est le seul cantique biblique toujours psalmodié dans le cadre de l’ode qui s’y réfère au sein du canon), et a inspiré de nombreuses œuvres musicales.

Lamento della Ninfa extrait du 8ème livre de Madrigaux de Claudio MONTEVERDI (1567-1643)

L’audace de Monteverdi le place à la charnière entre la Renaissance et l’Époque baroque.

Ses huit livres de madrigaux, sont les prémices de l’opéra naissant. Le Lamento della ninfa fait partie des canti amorosi.

Le « Lamento della Ninfa » du livre VIII  est juste bouleversant. Un trio d’hommes chantent le prélude et le postlude qui encadrent la lamentation de la nymphe. Cetriste monologue est pontué de leur simple et touchant “Ah, miserella” d’un grand effet théâtral. Ce long « canto rappresentativo” est un des plus beaux madrigaux de Monteverdi qui a donné à son sujet des précisions concernant l’exécution :  il nous explique que les trois voix d’hommes doivent chanter avec régularité “al tempo de la mano” (ce qui signifie  “en mesure”), tandis que la nymphe, pour exprimer son désespoir, chantera “a tempo de l’affetto del animo”, c’est-à-dire librement, comme le lui inspirent les sentiments de son âme malheureuse.

A 3, DOI TENORI E BASSO
« Phébus n’avait pas encore au monde apporté le jour,
qu’une jeune fille sortit de sa maison.
Sur son pâle visage, apparaissait son chagrin,
elle poussait souvent un grand soupir du fond du cœur.
Piétinant les fleurs, elle allait çà et là,
pleurant ainsi ses amours perdues. »

4 VOCI : CANTO, DOI TENORI E BASSO
« Amour,
dit-elle,
Amour,
regardant le ciel, immobile,
Amour, amour, Qu’est devenue la fidélitéjurée par le traître ?
Malheureuse
Fais en sorte que mon amour Revienne comme il était,
Ou tue-moi pour que je ne souffre plus.
Malheureuse
Je ne veux plus de ces soupirs s’ils ne sont éloignés de moi,
non, non car les victimes ne peuvent plus dire leur fidélité.
Malheureuse
De m’avoir fait souffrir il est très fier,
alors, si je montre de l’indifférence peut-être me suppliera-t-il encore ?
Malheureuse, non, elle ne peut plus supporter une telle indifférence glacée
Même si ces yeux sont plus limpides que les miens,
cette femme n’a pas dans le cœur, Amour, si belle foi.
Malheureuse, non, elle ne peut plus supporter une telle indifférence glacée
Il ne recevra jamais non plus d’aussi doux baisers de ces lèvres, ni de plus tendres.
Ah tais-toi !Tais-toi ! Car tu ne le sais que trop. »

A 3, DOI TENORI E BASSO
« Or, entre ses larmes amères, sa voix remplit l’air;
ainsi dans le cœur des amants Amour mêle le feu et la glace. »

Chœur des bohémiennes extrait de la Traviata de Giuseppe VERDI (1813-1901)

La Traviata est un opéra en trois actes, dont le livret est de Francesco Maria Piave, et la musique de Giuseppe Verdi. Inspiré du roman et de la pièce de théâtre La Dame aux camélias (1847/1852) d’Alexandre Dumas fils, l’opéra fut créé à Venise au Théâtre de La Fenice, le 6 mars 1853.

La Traviata raconte l’histoire de Violetta, courtisane de santé fragile, qui choisira de renoncer à sa vie mondaine parisienne par amour pour Alfredo Germont, puis devra renoncer à cet amour par sacrifice.

En déplaçant le centre d’intérêt, ce chœur des bohémiennes permet de permet de ménager une pause dans l’opéra : la présence de la fête, en écho à la scène initiale, permet de commenter l’action qui vient de se dérouler.

« – Nous sommes des Bohémiennes venues de loin ;
de chacun, sur la main, nous lisons l’avenir.
Lorsque nous consultons les étoiles, rien à nous ne s’avère obscur,
et nous pouvons prédir les faits du futur à autrui.
– Voyons ! Vous, Madame, avez quelques rivales…
– Marquis, vous n’êtes pas un modèle de fidélité !
Vous faites encore le galant ? Bien, vous me le pairez…
Que diable pensez-vous ? L’accusation est fausse.
Le renard perd son poil, il n’abandonne pas le vice…
Mon cher marquis, prudence, ou je vous ferai vous repentir.
– Allons, jetons un voile sur les faits du passé ;
Eh, ce qui a eu lieu a eu lieu, occupez-vous de l’avenir. »

Branle des Lavandières

 

Obrecht Marion la doulce

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